Seules 2 % des entreprises ont une crèche

Publié le par Khalam

Du spectacle de Noël à la crèche d'entreprise, les employeurs participent à leur manière à la politique familiale. Dans une étude publiée mercredi 12 décembre, l'Institut national d'études démographiques (INED) montre que certains s'investissent plus que d'autres dans cette mission : si l'on est parent, mieux vaut travailler dans une entreprise publique que dans le privé.

L'INED et l'Insee ont interrogé plus de 2 500 établissements de plus de 20 salariés. Les trois quarts des employeurs affirment aider leurs salariés à concilier travail et obligations familiales, mais pour 70 % d'entre eux, la politique familiale vise avant tout à réduire l'absentéisme, et pour 62 %, à améliorer la productivité et les performances.

L'une des principales mesures citées par les employeurs est la crèche, qui reste pourtant une denrée rare : selon l'INED, seuls 2 % des établissements en proposent. Dans ce domaine, le secteur public est plus généreux que le privé : les places en crèche sont essentiellement proposées par la fonction publique hospitalière ou territoriale, les garderies et centres de loisirs par la fonction publique territoriale et les entreprises publiques ou nationalisées.

Mais le secteur privé rattrape peu à peu son retard : depuis le 1er janvier 2004, l'Etat encourage les entreprises à créer des structures d'accueil en prenant en charge, via le "crédit d'impôt famille", 25 % des dépenses dans la limite de 500 000 euros par an.

 

FIDÉLISER LES SALARIÉS

 

En trois ans, le secteur privé a créé plus de 5 000 places. "En 2007, nous avons construit autant de places qu'en 2005 et 2006 réunis. Pour 2008, nos carnets de commandes sont pleins et nous avons déjà rempli les deux tiers de l'objectif 2009", indique Jean-Emmanuel Rodocanachi, le directeur général des Petits Chaperons Rouges, premier opérateur français de crèches privées.

Pour une société, la création d'une crèche permet de fidéliser les salariés. "Certains des établissements agissent dans le cadre d'un accord égalité hommes-femmes, d'autres veulent réduire l'absentéisme, poursuit M. Rodocanachi. D'autres encore ouvrent un nouveau site et veulent favoriser les mutations internes en offrant une structure d'accueil aux enfants de leurs salariés."

La contribution financière la plus importante - et la plus ancienne - des employeurs à la politique familiale est le complément d'indemnisation du congé maternité. Quatre-vingt-dix-sept pour cent des entreprises publiques ou nationalisées garantissent le maintien du salaire, contre seulement 35 % des établissements privés à but lucratif. Plus tard, lorsque l'enfant est malade, mieux vaut, cette fois encore, travailler dans le public : des congés rémunérés sont accordés dans la quasi-totalité des entreprises publiques et nationalisées, alors qu'ils ne concernent que 44 % des entreprises privées.


 

"Comment les employeurs aident-ils leurs salariés à concilier travail et famille ?" de Cécile Lefèvre, Ariane Pailhé, Anne Solaz, Population et sociétés, no 440, décembre 2007.

 

Anne Chemin
Article paru dans l'édition du 13.12.07.
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