Martin Hirsch invite les parlementaires à débattre de dix "principes d'action" pour l'insertion

Publié le par Khalam

Le haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch, a présenté, jeudi 17 janvier, aux sénateurs puis aux députés dix "principes d'action", afin que les parlementaires en débattent et que leurs réflexions "guident" les travaux en cours du Grenelle de l'insertion et "les propositions de réforme qui pourront y être discutées".

 

 
"Les politiques d'insertion ont besoin de nouvelles perspectives", elles "sont à bout de souffle, mais l'énergie n'est pas morte", a déclaré Martin Hirsch. Il a estimé que ces dernières années, "nous avons répondu par des systèmes de plus en plus sophistiqués, de plus en plus complexes, de plus en plus coûteux, de moins en moins compréhensibles, de moins en moins efficaces, de moins en moins justes au fur et à mesure qu'ils s'enchevêtraient ou se neutralisaient".

Le haut commissaire a ensuite détaillé ses dix principes d'action. D'abord, "simplifier de façon drastique les dispositifs aussi bien pour les minimaux sociaux, les aides de retour à l'emploi que les contrats aidés". Face à une telle complexité, il a défendu la mise en place du revenu de solidarité active (RSA), se substituant aux minima sociaux, du "contrat unique d'insertion", et du "bouclier sanitaire" liant au revenu le reste à charge des dépenses de santé. Ensuite, "assurer des revenus du travail supérieurs aux revenus de la solidarité", largement via le RSA, dont l'expérimentation a été lancée avec le vote du paquet fiscal en juillet, mais dont il convient de réfléchir au périmètre.

EXPÉRIMENTATION

Martin Hirsch a aussi défendu "une conception plus souple, plus large et plus réaliste de la notion d'employabilité", rappelant que des personnes perçues comme inemployables travaillent dans des chantiers d'insertion. Il a plaidé pour "une universalité effective de l'accès au service public de l'emploi, de l'insertion et de la formation", alors qu'"une minorité d'allocataires du RMI" et "une proportion infime des allocataires de l'allocation parent isolé bénéficient du service public de l'emploi". Il a notamment proposé qu'une partie des fonds de la formation professionnelle soit orientée vers des publics prioritaires.

Autres pistes : réfléchir à des aides à la "mobilité et à la garde d'enfant", "organiser une logique de responsabilité pour les pouvoirs publics, laissant une large place à l'initiative locale", avec notamment des coordinations en fonction des situations locales. Le haut commissaire a aussi souhaité "clarifier la notion de droits et de devoirs pour les publics d'insertion" – suggérant de vrais emplois, sur la durée – et "faire entrer dans une logique de droits et devoirs les employeurs" – en tentant de satisfaire la demande des employeurs tout en mesurant leurs efforts en matière d'insertion, par exemple.

Enfin, le haut commissaire a plaidé en faveur de "l'évaluation et l'expérimentation". "Nous proposerons que les réformes réservent systématiquement une part de financement à l'évaluation et de continuer, comme nous l'avons fait avec le RSA, d'utiliser l'expérimentation comme voie de réforme", a-t-il annoncé.

 

Lancé à la fin du mois de novembre, le Grenelle de l'insertion devrait s'achever au printemps avec la présentation d'une série de propositions reprises ensuite dans un projet de loi.

Le Monde.fr, avec AFP et Reuters
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