La sous-nutrition responsable de plus du tiers des décès d'enfants

Publié le par Khalam

PARIS (AFP) — Plus du tiers des décès d'enfants de moins de cinq ans, soit 3,5 millions chaque année dans le monde, sont imputables à la sous-nutrition maternelle et infantile, indiquent des chercheurs dans une série de cinq études publiées en ligne jeudi par la revue médicale britannique The Lancet.

La sous-nutrition, une des formes de la malnutrition, comprend maigreur, retard de croissance et déficit en vitamines et minéraux essentiels.

"Les quatre cinquièmes des enfants souffrant de sous-nutrition vivent dans seulement 20 pays", souligne Richard Horton, rédacteur en chef de la revue. Parmi les pays qui nécessiteraient une action urgente, il cite la Birmanie, l'Ouganda, l'Inde et l'Afrique du Sud.

La meilleure période pour agir va de la grossesse à l'âge de 2 ans. "Après l'âge de 2 ans, la sous-nutrition aura causé des dommages irréversibles pour le développement vers l'âge adulte", indique le Dr Horton.

Ces dommages irréversibles incluent une petite taille à l'âge adulte, un niveau d'études et de salaire plus modestes, et pour les femmes un poids de naissance de la descendance plus faible, selon les conclusions de Caroline Fall (université de Southampton - Royaume-Uni).

De plus, les chercheurs ont montré que les enfants souffrant de sous-nutrition dans les deux premières années de leur vie, et qui prennent du poids rapidement plus tard dans l'enfance ou l'adolescence, ont un risque élevé de maladies chroniques liées à la nutrition.

Des actions sur l'alimentation maternelle et infantile pourraient éviter 25% des décès d'enfants dans les 36 pays les plus touchés, selon les travaux de l'équipe de Simon Cousens (London School of hygiene and tropical medicine - Royaume-Uni).

Les deux stratégies les plus efficaces actuellement pour réduire la mortalité infantile sont, selon eux: encourager l'allaitement maternel et apporter des suppléments en vitamine A.

Mais, souligne le Dr Horton, "investir à long terme dans le rôle des femmes, comme des citoyens à part entière (...) sera le seul moyen d'obtenir des améliorations durables de l'alimentation maternelle et infantile, et plus généralement de la santé des femmes et des enfants".

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