Ces parents qui en font trop

Publié le par Khalam

La Pouponnière : La course à la performance ENFIN remise en question? Il était temps. A suivre



Que s'est-il passé? Depuis quand le «métier» de parent nécessite-t-il des qualifications hors du commun et des accessoires hors de prix?


Vue d'aujourd'hui, la parentalité d'autrefois paraît si simple: les gens avaient des enfants, un point c'est tout. Ils ne se demandaient pas si leurs rejetons étaient suffisamment stimulés, ils ne les surprotégeaient pas, ils n'essayaient pas de contrôler chaque aspect de leur vie. Ils les laissaient tout simplement vivre leur vie d'enfant.

Aujourd'hui, dans certains milieux, la parentalité est beaucoup question de performance: celle des parents ET des enfants. La parentalité est également reliée à la culpabilité: être parent, c'est se sentir coupable de ne pas en faire suffisamment, d'en faire trop, de ne pas faire la bonne chose. Et ceux qui essaient de se détacher de cette dictature du «parent parfait» pour réapprendre à faire confiance à leur instinct s'exposent automatiquement au jugement de leur entourage.

À ce sujet, l'exemple de Lenore Skenazy, journaliste new-yorkaise, est révélateur. Dans sa chronique du New York Sun, la journaliste confiait récemment à ses lecteurs qu'elle avait décidé de laisser son fils de 9 ans prendre le métro seul à Manhattan. Les réactions ont été fulgurantes. Invitée à toutes les tribunes pour expliquer (justifier?) sa position, la journaliste a mis sur pied un blogue pour «gérer» les réactions (plus de 100 000 à ce jour) suscitées par la décision de cultiver l'autonomie chez son enfant.

La décision de Mme Skenazy a causé beaucoup d'émoi. Mais elle lui a aussi permis de constater qu'il y avait de plus en plus de parents qui, comme elle, souhaitaient se libérer du diktat de la performance parentale pour offrir à leur enfant la liberté qu'ils avaient eux-mêmes connue étant jeune.

La journaliste du New York Sun n'est pas la seule à observer le phénomène des parents qui en font trop et les dérives que cette attitude provoque. Dans Parenting Inc., un essai paru récemment aux États-Unis, une autre journaliste, Pamela Paul, brosse un portrait assez effrayant de la parentalité à l'ère de la surconsommation. Les gadgets inutiles, les cours de langage par signe pour que bébé puisse exprimer ses émotions, les cours d'arts à des bambins de 2 ans... L'auteure décortique, exemples à l'appui, le discours de la performance qui sous-tend l'éducation des enfants, et qui fait en sorte que bien des parents se sentent incompétents avec leurs propres enfants. Car nous en sommes malheureusement rendus là.

Ce retour au gros bon sens est bienvenu. Mais s'agit-il d'une tendance passagère observée chez des parents plus portés sur la réflexion, ou sommes-nous témoins d'une véritable prise de conscience qui débouchera sur un changement d'attitude plus profond? La question est d'autant plus pertinente que s'achève aujourd'hui la Semaine québécoise des familles, une semaine censée susciter la réflexion autour du thème du soutien aux parents.

Vouloir ce qu'il y a de mieux pour son enfant sera toujours un désir fort légitime. À condition de se rappeler que le rôle premier d'un parent, c'est de faire en sorte que son enfant puisse apprendre à vivre sans lui.

  Sources : Cyberpresse.Ca

 

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