Croire au Père-Noël, c'est s'ouvrir à l'optimisme!

Publié le par Gwenaëlle

 

Faut-il laisser, voire encourager, ses enfants à croire au Père-Noël?

Pour Edwige Antier (1), pédiatre et psychothérapeute, la réponse ne fait pas l'ombre d'un doute : faire croire au Père-Noël, c'est transmettre des notions aussi essentielles que la générosité et l'optimisme. Entretien.

  •  Est-il utile, pour les enfants, de croire au Père-Noël?

    De nombreux parents m'ont déjà posé la question, soucieux de savoir s'ils devaient "mentir" ou non à leurs enfants. Dans tous les cas ma réponse est la même: ne pas faire croire au Père-Noël serait priver leurs bambins d'une formidable chance de rêver et donc développer leur imaginaire. A mon sens, le Père-Noël est, en effet, très important pour stimuler l'imagination et donc développer la créativité. Par ailleurs, parce qu'il symbolise la générosité, ce personnage joue un rôle important dans la construction de l'enfant: il lui permet d'acquérir et de développer des notions aussi importante que l'esprit du don.

  • Que faut-il penser du fameux chantage: " si tu n'es pas sage, le Père-Noël ne passera pas... "?

    Il arrive souvent que les parents ou la famille utilisent ce genre d'argument pour tenter de "tenir" leurs enfants. De mon point de vue, un tel chantage n'a pas lieu d'être pour deux raisons: d'abord parce que les enfants comprennent très vite que cette clause n'a pas de valeur et qu'ils pensent, du coup, que leurs parents sont de vrais menteurs. Ensuite parce que le Père-Noël a d'autres missions que celle de faire figure d'autorité. Il représente en effet "le bon vieillard " et non le "Père Fouettard"...

  • Que répondre à son enfant si celui-ci se rend compte que le Père-Noël du supermarché porte une fausse barbe et ressemble au voisin de palier?

    On peut expliquer simplement qu'il s'agit là d'une personne déguisée pour l'occasion, mais que le vrai Père-Noël a trop de travail pour venir rencontrer les enfants, par exemple. De leur côté, les parents ne doivent pas vivre cette situation comme un mensonge car ce n'en est pas de un: le Père-Noël n'est pas une invention, c'est avant tout un mythe. C'est aussi pour cette raison que les parents ne doivent pas non plus hésiter à encourager leurs enfants à lui écrire ou à préparer des friandises pour le rennes du traîneau... En favorisant la production imaginaire des petits, en leur permettant de s'en mettre plein les yeux, on donne l'occasion aux enfants d'apprendre l'optimisme.

  • Dans le cadre de vos consultations, vous avez du rencontré des enfants qui n'avaient jamais cru au Père-Noël. Etaient-ils différents des autres bambins?

    Il m'est effectivement arrivé de rencontrer des parents qui se targuaient du fait que leurs enfants n'aient jamais cru au Père-Noël. Je ne pense pas que ce soit une bonne solution car lorsque je demandais aux petits s'ils auraient bien aimé y croire, ceux-ci répondaient timidement par l'affirmative tout en craignant de décevoir leurs parents. Ce que cela change, ensuite, dans la personnalité de ces enfants? Je pense simplement que le fait de ne pas leur avoir permis de rêver à la "surprise magique" les rend plus pessimistes et donc, d'une certaine façon, moins aptes à affronter les difficultés qui les attendent dans la vie.
  • A quel moment faut-il annoncer la vérité à son enfant ? Dès les premiers soupçons?

    En règle générale, l'aîné d'une famille croit au Père-Noël jusqu'à l'âge de 7 ou 8 ans, âge où les enfants commencent à lâcher leurs croyances infantiles. Il en est souvent autrement pour le reste de la fratrie qui apprend la vérité plus tôt. Mais quand faut-il que les parents en parlent? Dès que l'enfant pose des questions? En réalité, c'est aux parents de voir s'il est ou non prêt à entendre. S'il demande mais n'insiste pas, mieux vaut se dire qu'il a compris mais qu'il veut encore y croire. Au contraire, s'il se montre très suspicieux, aux parents de se dire qu'il est prêt à entendre...

  • Que faut-il dire dans ce cas là ? Quels mots utiliser pour ne pas décevoir ?

    Tout est question de tact. Ainsi, mieux vaut éviter de commencer par lui dire : "il faut que tu saches: le Père-Noël n'existe pas ! ". Les parents doivent simplement expliquer que plus qu'un personnage de chair et de sang, le Père-Noël est d'abord et avant tout un être imaginaire. Le symbole de la volonté d'offrir des cadeaux. Pour éviter les déceptions, aux parents aussi de positiver cette révélation en lui disant qu'il va désormais lui aussi être en mesure de "jouer" au Père-Noël en offrant, s'il le souhaite, des cadeaux aux gens qu'il aime. Par ailleurs, les parents peuvent aussi profiter de cette occasion pour valoriser leur enfant: en lui confiant ce secret qui n'appartient qu'aux grands, ils commencent, en effet, à le responsabiliser. Et chez les petits, cela suscite bien souvent de la fierté...

    (1) Edwige Antier (1) est l'auteur de Sages paroles d'enfant, (éd. Editions n° 1).

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