Maroc : Bébé et boulot: Quelle galère pour les mamans!

Publié le par Nadia DRE




. Les structures d’accueil existent mais pas toujours en qualité

. Dans ce domaine, nos communes méritent un zéro sur toute la ligne



Avoir un bébé est le plus beau cadeau du monde. Mais pour la femme active, elle ne le savoure pas pleinement. Les problèmes fusent de partout après le congé de maternité.

Elle doit faire des acrobaties pour organiser son temps entre le travail, la maison et son petit bout de chou. Chez son employeur, elle doit également travailler d’arrache-pied pour «retrouver son meilleur niveau», comme disent les coachs de football.

Les tracas commencent déjà avec l’annonce de la grossesse, certains employeurs ne digérant pas les absences répétées et le break de 14 semaines que concède pourtant le législateur. Parfois, pour ne pas dire souvent, il faut raccourcir son congé de maternité.

«Gérer» son bébé tout en se consacrant à son job est un véritable calvaire pour beaucoup de femmes. Elles sont tiraillées entre les exigences professionnelles et la gestion familiale. Pour ces cadres, la journée de travail se prolonge bien au-delà des huit heures légales surtout dans un contexte où les hommes participent très peu aux tâches ménagères.

Avant la reprise, il faut faire face aux petits bobos de son chérubin. Mais c’est la garde de l’enfant qui donne des migraines aux femmes actives. Trois options sont possibles: quand le budget le permet, les services d’une «nounou qui soit à la hauteur» représentent une solution.

Mais c’est de plus en plus une denrée rare, semble-t-il. «La jeune femme que j’ai employée n’en fait qu’à sa tête, car elle sait que j’ai besoin d’elle pour me garder mon enfant. En plus du stress du travail et la séparation de mon bébé, je dois également gérer ses caprices». C’est infernal, tempête une jeune maman.

Deuxième possibilité: confier le bébé à la «garderie naturelle», c’est-à-dire, à la grand-mère. Mais c’est une solution de dépannage et qui n’est pas viable sur la durée.

Reste enfin la crèche. Si l’offre est quantitativement correcte dans ce domaine, sur le plan qualitatif, ce n’est pas le cas.

Il manque de vrais professionnels de nursing au Maroc, d’où la méfiance des parents. Et encore, dans la poignée des établissements qui sont «au niveau», la capacité d’accueil est limitée et les enfants ne sont pas acceptés avant 3 mois. «Nous ne pouvons accepter plus de 5 bébés de moins d’un an», souligne une responsable de l’Ecole Buissonnière à Casablanca. Les horaires de garde commencent de 7h30 à 18h45, voire 19h00.

Ces structures s’adaptent également aux périodes de congé des parents. Elles ouvrent pendant les vacances scolaires et ne ferment que durant le mois d’août et les jours fériés, pour le grand bonheur des mamans actives.

Hors frais d’inscription, il faut compter entre 900 à 1.200 dirhams par mois auxquels il faut ajouter une ribambelle de frais divers.

Au quotidien, la femme active doit faire plaisir à tout le monde, sauf à elle-même. Elle doit travailler hard pour ne pas s’attirer les foudres du patron, et ce sans laisser apparaître sa fatigue, son manque de sommeil dû à la veillée du bébé, faire plaisir au mari qui, dans la plupart des cas, réclame davantage d’attention...

Dans des cas extrêmes mais courants, certaines femmes renoncent à leur travail afin de consacrer plus de temps à leur bout de chou et l’entourer de soins dont il a besoin.

«Avant, je travaillais à Casablanca alors que j’habite Rabat. Après avoir eu mes jumeaux, j’ai laissé tomber mon travail qui était bien rémunéré pour aller travailler dans le public à Rabat. Je ne m’en sortais pas avec le travail, la navette, les enfants et la maison. Maintenant, je suis plus tranquille car le secteur public n’est pas très pointilleux sur les retards et les absences de circonstance (enfant malade par exemple)», précise cette jeune cadre.



Crèches: L’offre est limitée

Les parents se retrouvent devant une multitude de crèches et de jardins d’enfants. Mais, celles qui offrent un bon service se comptent sur les doigts.

Les plus sérieuses disposent de programmes riches qui favorisent l’épanouissement de chaque enfant à travers le jeu, les contes, les rondes, les mouvements, la musique, les couleurs, la parole, le chant, etc. Les enfants sont encadrés par des professionnels formés en interne pour la plupart.

Le passage régulier de psychologue et pour certaines structures de médecin, est un plus que les écoles mettent en avant.

«La concurrence est rude. Les parents sont devenus de plus en plus avertis et exigeants. Nous sommes obligés d’offrir des prestations de bonne qualité», souligne une directrice d’un Jardin d’enfants.

Certaines crèches acceptent les bébés à partir de 3 mois avec un quota à ne pas dépasser (L’Ecole Buissonnière et Espace Nezha à Casablanca).

Les prix varient entre 900 et 1.100 dirhams par mois. D’autres structures acceptent les bambins à partir de 6 mois (Planète Mômes sur l’avenue Ghandi à Casablanca) et d’autres, 18 mois (L’Ile aux trésors à l’Oasis).

Pour celles qui ferment entre 12h00 et 14h00, elles aménagent un système de garde moyennant un supplément.

Certaines offrent le déjeuner, tandis que d’autres se contentent de réchauffer les repas des petits que leurs mamans avaient préparés.



Les collectivités locales en première ligne

Au Maroc, ni les employeurs, ni les pouvoirs publics (Etat et collectivités locales) ne sont conscients du calvaire que vit la femme active. Rien à voir avec les grandes nations développées.

De tous les pays de l’OCDE, ce sont les pays scandinaves qui sont le plus en pointe en matière de structures d’accueil des enfants. Un choix qui rentre dans le cadre de la politique «nataliste». En plus de primes, de dégrèvements d’impôt et de congé parental pouvant aller jusqu’à un an, certains ont même créé un statut de «femme au foyer» auquel l’Etat octroie un revenu de substitution.

En France, ce sont les collectivités locales qui ont la responsabilité de construction des crèches. C’est un des éléments qui font l’immense popularité des mairies et leur confèrent en plus une réelle visibilité dans la population. Au Maroc, rien de tel n’existe. Pourtant, nos élus locaux peuvent trouver là un moyen concret de se rapprocher de leurs administrés.

Dans plusieurs Etats, le législateur «autorise les salariés à modifier leurs horaires de travail, comme aux Pays-Bas, à les réduire s’ils ont des enfants d’âge préscolaire, comme en Suède ou, encore, de demander des aménagements, comme au Royaume-Uni», précise l’OCDE.


Sources : Kompass Maroc

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P
Il est bien vieux cet article, les mensualités des crèches ont plus que doubler!! Une vraie arnaque !!
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C
Bonjour,<br /> C'est vrai que c'est un peu la galère de concilier la vie professionnelle et familiale. Et j'avoue que c'est pas mal de déplacement fatigant. Heureusement que j'ai reçu un coup de pouce de Monique≈ Gagnersonargent.fr pour travailler de chez moi. En tout cas, mon gain est assez satisfaisant pour arrondir la fin du mois.
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S
merci
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M
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S
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