Des bébés-cavaliers !
Des bébés-cavaliers !
Des bébés qui montent à cheval dès 18 mois ! L'objectif n'est pas d'en faire de brillants cavaliers mais plutôt de les aider à gagner confiance en eux

Claudine Pelletier-Milet, auteur de "Un poney pour être grand" aux éditions Belin
Haras Les Mairins-Berdrix
La Chapelle Montligeon
Tel : 02.33.73.95.53
On dit généralement que monter à cheval serait mauvais pour le dos. Or une récente étude a démontré que la pratique de l"équitation chez les jeunes enfants les aiderait à se muscler les lombaires, ainsi qu'à maintenir une certaine fermeté musculaire autour de la colonne vertébrale. Cela limiterait ainsi les scolioses d'attitude, ainsi que l'évolutivité de certaines pathologies arthitiques chez le jeune enfant.
Pour approfondir :
Sources : AFP (Paris, 30 juillet 2005) - A 18 mois, on ne parle pas vraiment, on ne va pas encore à l'école mais on peut monter à cheval ou plutôt à poney, une façon ludique et efficace d'apprendre l'autonomie, selon Claudine Pelletier-Milet à la tête d'un petit haras en Normandie conçu pour les très jeunes enfants.
"Dès 18 mois, l'enfant possède d'énormes capacités perceptives et le poney lui permet de grandir en développant l'estime de soi", explique cette éducatrice spécialisée, qui a élaboré sa pédagogie sous le regard de psychologues, psychomotriciens, médecins et kinésithérapeutes.
"En manège avec des poneys dressés, le tout petit peut monter seul, au pas et au trot. Il peut aussi faire des promenades à condition qu'un adulte tienne la bride. Mais le petit galop, c'est réservé aux +grands+, c'est-à-dire pas avant trois ans. A partir de quatre ans, ils peuvent galoper et franchir des petits obstacles", affirme l'éducatrice.
Cette cavalière de 51 ans, mariée à un instructeur d'équitation et mère de deux enfants qu'elle a éduqués très jeunes au poney, a démarré cette activité spécifique il y a cinq ans après un grave accident qui l'a obligée à tout réapprendre comme un petit enfant.
"C'est dur de grandir et le poney a un rôle constructif. Il met le très jeune enfant en contact avec une force, une masse, des odeurs et plus l'animal est gros et plus l'enfant va vers lui. Jusqu'à deux ans, il a un sens instinctif de l'équilibre. Après, à 5-6 ans, c'est beaucoup plus difficile: il est mal à l'aise et peut tomber", explique l'éducatrice.
Chaque jour, elle propose à La Chapelle-Montligeon jusqu'à cinq séances d'équitation pour huit à dix tout petits enfants qui, en présence de leurs parents, découvrent sur le poney les multiples capacités de leurs corps, étape de construction de la personnalité.
"Sur un poney, les petits enfants découvrent l'orientation dans l'espace, la gauche, la droite, le milieu, ils se hissent sur leurs étriers et épatent leurs parents qui n'en reviennent pas de les voir faire toutes ces choses", raconte-t-elle.
Pour elle, "le plaisir et la peur sont deux émotions essentielles en équitation. Mais la peur de l'enfant passe très vite. Il suffit de faire aller le poney au pas et l'enfant bercé est immédiatement rassuré".
Claudine Pelletier-Milet, éducatrice depuis 30 ans, exerce en parallèle une activité thérapeutique avec des enfants autistes qui parfois sont intégrés aux séances normales de poney, et de rééducation pour des handicapés.
Elle affirme que les enfants autistes peuvent sortir de cette maladie mystérieuse et très difficile à soigner s'ils sont pris en charge très jeunes, en réaffirmant son credo: "La sensation est une alternative à plein de choses".
La psychologue Catherine Mathelin, présidente de l'association Enfance en Jeu, a préfacé le livre qu'elle vient de publier pour exposer son approche, soutenue également par le médecin et thérapeute des enfants Catherine Dolto, fille de la psychanalyste Françoise Dolto.
("Un poney pour être grand, psychopédagogie du jeune enfant", Claudine Pelletier-Milet, Belin, 207 pages, 24 euros)