A Paris : le pari immobilier pourrait bien aider de nouvelles crèches à se monter

Publié le par Khalamity


L'Express du 05/01/2006
Les foyers à géométrie variable prennent forme

par Jean-Sébastien Stehli



  © DR

Conçu pour des familles extensibles, le phalanstère est équipé de cloisons mobiles qui permettent d'adapter les espaces en fonction des besoins/
   

Afin de mettre un terme à l'exode des familles, qui s'est accéléré de manière inquiétante ces cinq dernières années, menaçant gravement l'économie de la capitale, le maire de Paris s'engage dans l'un des projets les plus ambitieux depuis les grands travaux de rénovation urbaine des années 1970. La ville va annoncer le 10 janvier le lancement d'un programme de construction de phalanstères à loyer modéré (PLM). L'opposition municipale lui avait reproché l'utilisation du mot, inventé en 1822 par Fourier, trop lourd idéologiquement, selon elle. Mais le maire a persisté: «Malgré les services du lexicographe auquel nous avons fait appel, un disciple du grand Alain Rey, a-t-il précisé, nous n'avons pas trouvé mieux.»


Les immeubles qui seront érigés dans le XIIIe arrondissement, dans les espaces laissés vacants par la démolition des tours et de leur «dalle» de l'époque pompidolienne, ont été spécialement imaginés pour s'adapter aux familles à géométrie variable, désormais la norme. Il n'est plus rare aujourd'hui de voir quatre générations cohabiter. Comme le relève le dernier rapport de l'Insee, la notion de famille est devenue extensible et les formes qu'elle prend presque infinies: elle regroupe non seulement parents et enfants mais également, de plus en plus souvent, les ex et les amis. Pour faire face au problème de surcharge des crèches, de nombreux jeunes parents souhaiteraient adopter ce système de communauté - retour aux aspirations de leurs grands-parents dans les années 1960 - mais les logements actuels ne sont pas adaptés. «Dans les familles homoparentales, a précisé le maire de Paris, le phalanstère permettra d'avoir sous un même toit l'appartement des hommes d'un côté, celui des femmes de l'autre.» Dans les familles divorcées, cette formule supprime les allers-retours entre les deux parents, fréquents depuis que les hommes, plus soucieux de remplir leur rôle de père malgré la séparation, obtiennent la garde partagée de leurs enfants. «Fini, la corvée des valises du dimanche après-midi», a lancé un père, invité à la cérémonie.


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«L'idée haussmannienne de pièces consacrées à une tâche déterminée est bien révolue», a expliqué l'architecte en chef du projet Phalanstère. Dans cet habitat, les murs ont disparu pour faire place à des cloisons mobiles, qui permettent d'adapter les espaces en fonction des besoins. Les «flux» - eau, électricité - sont eux aussi mobiles. «Ces phalanstères auront un espace de fête commun à tous leurs membres qui pourra se transformer en salle de télévision, a expliqué le maire. Les habitants partageront la cuisine ou, s'ils le désirent, la salle à manger. Et il y aura des zones intimes où chacun sera dans son univers.» Plus traditionnelles, les chambres ressembleront à celles des hôtels quatre étoiles: spacieuses, avec une télévision, un coin bureau, voire un minibar, histoire de rester calfeutré chez soi lorsque l'on se sent plutôt ermite.


Le triomphe de l'individualisme, qui avait fragmenté la société au début du siècle, a trop souvent été synonyme de solitude, et les Parisiens réclamaient depuis plusieurs années un programme PLM. «Ces espaces postindividualistes protègent l'intimité de leurs habitants, ceux-ci pourront être seuls mais jamais isolés», a expliqué Philippe Starck, 76 ans, qui, en son temps, avait plaidé pour des «zones d'autonomie temporaire» - on s'associe à un moment donné de la vie en microsociétés plus souples que les familles traditionnelles. Des étudiants à la recherche de travail peuvent habiter ensemble pendant un an ou deux. Lorsqu'ils s'engagent dans la vie active, une autre association se forme: on déplace les cloisons et les pièces prennent une affectation différente.



EXPERTS: ANTOINE FENOGLIO, ARCHITECTE, JOLANTA BAK, CONSEIL EN INNOVATION.

 

 

 

 

Salariés et résidents: des espaces en partage

par Marcelo Wesfreid



Alors que la flambée des prix de l'immobilier a poussé l'essentiel de l'activité économique en périphérie, les équipes de l'architecte Jacques Ferrier ont fait un pari osé. Elles ont conçu une cité d'affaires de 30 000 mètres carrés, mêlant lieux de vie et de travail, dans le quartier historique de la Madeleine, à Paris. «D'habitude, les bâtiments ne sont occupés que 30% du temps, explique-t-il. Pour reconquérir la ville, il faut partager les espaces et en optimiser l'usage.»
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Le complexe Dubuffet évolue ainsi au fil de la journée. Ses parkings accueillent les voitures des cols blancs le matin, celles des habitants le soir. Les salles de réunion deviennent des salles de spectacle. Le restaurant d'entreprise sert à la fois aux résidents et aux employés. Des boutiques jalonnent les couloirs. «A une époque où la qualité de la vie est déterminante pour attirer les meilleurs, proposer des bureaux dans un tel environnement est un atout», dit en plastronnant Paolo Piersons, directeur des ressources humaines de Cadox, une société de courtage fraîchement installée.

Mais les premiers résidents ne sont pas tous convaincus par l'audacieuse configuration des lieux. Monica regrette les interminables corridors menant à la boulangerie ou à la crèche. Des réserves qui ne sont pas sans rappeler le scepticisme suscité en 1952 par la Cité radieuse de Le Corbusier. Depuis, plus personne ne veut quitter le célèbre immeuble marseillais. Gageons qu'il en sera de même ici.
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N
Dommage qu'il faille attendre 2025 pour voir PEUT-ÊTRE ce projet se mettre en place... Je trouve que c'est une bonne idée !
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K
En fait, il ne s'agit pas d'un vrai projet.....
W
bonjour, ce texte est extrait d'un numéro spécial de L'Express, qui s'est livré à un exercice de prospective sur la France telle qu'elle pourrait être en 2025. Attention, sorti de son contexte, l'article paraît présenter une construction réelle à la Madeleine. Mais tout cela est virtuel. <br /> Marcelo Wesfreid<br /> L'auteur de ce texte ....
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K
Merci de cet éclairage, <br /> j'ai en effet omis de préciser qu'il s'agissait d'un projet extrapolatif.