Les enfants allergiques privés de crèche
Depuis janvier, Marine, un an, ne peut plus prendre ses repas et goûters à la crèche. Allergique au lait et aux oeufs, la petite fille tombe sous le coup d’un nouveau paragraphe du règlement intérieur des crèches de Marseille, pris en septembre 2005 : « Compte tenu des modalités de confection de repas en collectivité et des exigences en matière de sécurité alimentaire, les régimes alimentaires particuliers ne peuvent être assurés. » Pour la mère de Marine, Séverine Robillard, qui est laborantine, impossible d’aller chercher sa fille à chaque repas. « La solution, c’était soit une nourrice, soit un congé parental. Financièrement, c’était impossible : j’ai donc dû passer en horaires de nuit et retirer ma fille de la crèche », raconte-t-elle.
Selon la jeune femme, une quinzaine de familles seraient dans le même cas à Marseille. « Cet ajout est uniquement municipal. A Allauch, des enfants ont des pathologies plus graves et les crèches s’adaptent », assure-t-elle, en n’hésitant pas à parler de « discrimination ». Une pétition lancée en décembre a recueilli près de 300 signatures. Parallèlement, Séverine multiplie les démarches : elle propose d’apporter des repas préparés par une société spécialisée et de fournir une lettre de décharge en cas de problème. Déterminée, elle a soumis un Projet d’accueil individualisé pour former le personnel des crèches aux allergies « afin de les démystifier ». Demandes rejetées par la mairie, qui avance le manque d’équipements et de moyens. Elle assure cependant « réfléchir à une solution, mais pas avant deux ans. » Marilyne Gautronneau