La mère, son travail et son bébé

Ainsi, explique Anna qui, lors d'une session de préparation au mariage de la paroisse Saint-Joseph-des-Nations (Paris), planche justement sur l'articulation de la vie de famille et de la vie professionnelle : «Je sais très bien, dit-elle, que mon patron ayant appris que je vais me marier se doute que je veux des enfants et va me laisser en CDD. Et encore, mes collègues m'ont prévenue qu'il ne renouvelle jamais les CDD des jeunes femmes qui risquent d'être enceintes.» D'autres mères se souviennent des sombres calculs qu'elles ont dû faire pour ne pas accepter telle mission, tel dossier «sans en avoir l'air» afin de mettre en route le «petit bout» dont elles rêvaient depuis longtemps. Quant au congé de maternité pathologique (accordé par un médecin avant la date d'arrêt légale), les femmes le redoutent le plus souvent. Ce fut le cas de Claire, très attachée à son travail de documentaliste : «Du jour au lendemain, j'ai dû tout laisser en plan. Je me suis sentie coupable.»
Sans doute, les femmes qui scandaient en 1968 : «Un enfant quand je veux» ignoraient-elles que le projet maternel de leurs propres filles, au demeurant si intime, deviendrait à ce point tributaire de leur travail . Beaucoup de ceux qui accompagnent les jeunes en âge de devenir parents regrettent cette pression du monde professionnel qui, trop souvent, s'exerce sur la femme et sur le couple. Ainsi, observe Éric Alançon, conseiller conjugal des AFCCC et accompagnateur spirituel : «Je vois des femmes, quelles que soient leurs qualifications professionnelles, et aussi beaucoup de couples qui adoptent une position d'évitement par rapport à la question de l'enfant. Les premiers arguments qu'ils avancent sont toujours d'ordre professionnel.»
| «Pour les femmes, c'est encore majoritairement mal vu par l’entreprise d’avoir des enfants. Pour les hommes, c’est plutôt bien vu, à condition qu’ils ne s’en occupent pas !» |
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| «C'est invraisemblable ce que les jeunes mères portent sur leurs épaules pendant leur congé de maternité : elles craignent pour leur job, cavalent pour trouver un mode de garde etc.» |
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| Sources : La Croix 0404 |