Allergies de la petite enfance: importance du dépistage précoce et du suivi

Publié le par Florence Sebaoun

Les allergies ne cessent d'augmenter et notamment chez les nourrissons et les petits enfants. L'eczéma, par exemple, peut débuter dans les premiers mois de la vie et il est souvent annonciateur d'asthme. Réunis à Paris à l'occasion du 1er Congrès français d'allergologie qui s'achève vendredi, des spécialistes ont rappelé l'importance d'un diagnostic précoce de ces allergies et d'un suivi régulier.
"Un tout petit enfant qui fait plus de trois bronchites sifflantes au cours de sa première année est fortement suspecté d'être atteint d'asthme", a déclaré le Pr Pierre Scheinmann, chef du service de pédiatrie, allergologie, pneumologie-asthmologie de l'hôpital Necker-Enfants malades.
Et quand cet enfant souffre en plus d'allergies alimentaires, le niveau de gravité est plus élevé. "Un enfant asthmatique a déjà des bronches fragilisées. L'aliment va déclencher chez lui une réaction allergique grave, alors que son appareil respiratoire est déjà fragile", a averti le Pr Scheinmann. Pour lui, "le meilleur outil de santé reste le médecin qui va pouvoir déceler des choses avant tout le monde".
Heureusement, tous les allergènes alimentaires ne sont pas aussi dangereux: l'arachide est sans équivoque le plus agressif, suivi des noix, puis du sésame (surtout l'huile) ou de la farine de lupin, utilisée en boulangerie comme liant et comme colorant dans certains pains et viennoiseries, apparus plus récemment.
"C'est en dehors de la surveillance de sa famille que l'enfant rencontre le plus de situations à risques", a poursuivi le spécialiste. Entre l'école, la cantine, la garderie et les activités de loisirs, l'enfant passe la majeure partie de son temps hors de chez lui.
Les repas à la cantine, mais aussi les confiseries et goûters apportés par les autres enfants et les distributeurs d'en-cas sont autant de sources d'allergènes potentiels, avec bien sûr, en filigrane la hantise de l'arachide.
Deux dispositions récentes ont heureusement permis un progrès dans la prise en charge des enfants souffrant d'allergies alimentaires: l'étiquetage des produits alimentaires finis, selon la norme du Parlement européen. De plus, depuis le 25 novembre 2005, les industriels doivent mentionner la présence de douze aliments dangereux dans la liste des ingrédients de leurs produits.
Par ailleurs, un PAI (projet d'accueil individualisé), mis en place dans le cadre de l'école et qui indique les signes cliniques devant alerter les secours et la conduite à tenir, permet de prendre en charge une éventuelle urgence allergologique. AP

Sources : Nouvel Obs

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