Parentalité : «La grande majorité des couples se «retraditionalisent» avec l'arrivée d'un enfant.»
Du couple à la famille Une équipe de chercheurs de l’arc lémanique enquête sur le passage des couples
à la parentalité, sur les changements de vie qu’une naissance induit.
à la parentalité, sur les changements de vie qu’une naissance induit.
L’irruption du premier enfant rime avec enchantement et… bouleversements! Durant la grossesse, les futurs parents planifient le quotidien de leur ménage à trois. Après l’accouchement, ils commencent à le vivre concrètement. Une fois le congé maternité terminé (si Madame exerce une activité lucrative), le duo apprend à jouer en trio. Avec des moments de grâce et des fausses notes aussi.
Ce passage à la parentalité – un des moments-clés de l’existence – et les chamboulements privés et professionnels qui vont de pair intéressent au plus haut point les sociologues, psychologues et démographes du Centre lémanique d’étude des parcours et modes de vie (Pavie). Centre universitaire qui a lancé une vaste enquête financée par le Fonds national de la recherche scientifique: Devenir parent.
«On sait que cette transition implique beaucoup de changements: la grande majorité des couples se «retraditionalisent» avec l’arrivée d’un enfant, précise René Levy, sociologue responsable de cette étude. Mais on sait très peu sur le comment et le pourquoi de ces modifications.» Ce professeur espère faire toute la lumière sur cette affaire de famille, en observant sur la durée quelque huit cents volontaires romands.
Chef de ce projet et démographe au Centre Pavie, Jean-Marie Le Goff se sent tout particulièrement concerné par cette investigation au cœur de l’intimité des foyers. «Je suis papa d’un petit Alessandro qui aura bientôt dix-huit mois.» Cette expérience unique, il n’est pas près de l’oublier. D’autant qu’il a vécu la grossesse de son épouse et les premiers mois d’existence de son garçon à distance… «Ma femme et mon fils étaient à Milan et moi à Lausanne. Je les voyais chaque fin de semaine.» Heureusement, la belle-mère palliait ses absences!
Antérieurement à cet heureux événement, Jean-Marie et Isabella étaient ce qu’on peut appeler un «couple moderne»: ils se partageaient les tâches ménagères de manière égalitaire. «Aujourd’hui, nous fonctionnons toujours sur le même mode, moyennant – il est vrai – quelques ajustements. Avant, par exemple, c’était moi qui faisais la lessive. Maintenant, c’est ma femme.» Pour compenser, ce docteur en démographie consent à passer l’aspirateur plus souvent.
Mme et M. Le Goff ont donc résisté à la «retraditionalisation» évoquée plus haut par le professeur Levy. «Oui, mais ils représentent une petite minorité, nuance ce dernier. En général, l’arrivée d’un enfant scotche l’homme sur une trajectoire professionnelle à plein temps.» Et son épouse doit faire avec… Sauf quand les protagonistes souhaitent et peuvent faire autrement. «Isabella a trouvé un emploi à 50% et moi j’ai diminué mon temps de travail de 80 à 60%. On va aussi moins au cinéma et on voit moins nos amis.»
L’expérience de ce ménage, certes pas tout à fait représentative, montre que la venue d’un bébé – surtout le premier – constitue une véritable révolution qui soulève nombre de questions auxquelles l’étude Devenir parent tentera justement de répondre: Comment pères et mères font-ils face à ce changement? Quels problèmes rencontrent-ils et de quelle manière les résolvent-ils? Quelles répercussions cela a-t-il sur le couple? Comment concilient-ils famille, travail et loisirs? Hommes et femmes sont-ils réellement égaux dans cette dynamique…?
Sources Migros
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