La Socialisation de l'individu

Publié le par Catherine Rouhier

La socialisation est le processus par lequel l’enfant intériorise les divers éléments de la culture environnante (valeurs, normes, codes, règles de conduite) et s’intègre dans la vie sociale.

En psychologie, on distingue trois termes :

— la socialité ou capacité d’entrer en relation avec un ou une autre,

— la sociabilité ou capacité de vivre avec les autres ou en groupe,

— la socialisation ou intégration des règles de conduite, valeurs, lois qui permettent la vie en société.

C’est ainsi qu’une personne peut être sociable mais éprouver des difficultés à entrer en relation duelle ; une autre, au contraire, peut être à l’aise dans une relation duelle, mais ne pas l’être du tout dans un groupe ; une troisième peut se sentir aussi bien dans une relation à deux que dans un groupe. Cette conduite dépend à la fois de l’hérédité et de l’éducation, c’est à-dire de l’inné et de l’acquis. Un individu est dit socialisé quand il respecte les règles tacites ou non de la vie en société, quand il s’adapte aux exigences de la vie sociale. Si, par exemple, une personne A attend visiblement une place de parking, et qu’au moment où celle-ci se libère, une autre personne B vient occuper la place, A peut à juste raisons et dire que B est mal socialisée... elle ne respecte pas une règle tacite de bonne conduite entre les humains.

LES ETAPES DE DEVELOPPEMENT

DE LA NAISSANCE A DEUX ANS

Totalement dépendant, le bébé vit dans un univers familial où ses égaux, ses “pairs”, ne sauraient trouver place. Pendant les six premiers mois, il les ignore complètement, et par la suite, s’il est capable de s’intéresser quelques instants à un autre bébé, il n’éprouve nul besoin de cette présence étrangère. Le camarade que l’enfant recherche à cette époque, c’est l’adulte.

C’est lui qu’il vient tirer par la manche, quand il marche, pour une partie de balançoire, lui qu’il appelle pour admirer sa construction... Il reproduit ce que fait l’adulte, apprend à faire bravo, dit au revoir d’un geste de main et joue au jeu de “coucou... me voilà”.

DE DEUX ANS A QUATRE ANS

Cet attrait pour l’adulte diminue progressivement dans les jeux, au fur et à mesure que l’enfant grandit, et il se tourne davantage vers ses semblables. Dans une crèche, les enfants sont ensemble, mais chacun joue pour soi et parle pour soi.

C’est encore le stade du “monologue collectif”. Il fait la découverte de l’autre, le plus souvent en le poussant, en lui tirant les cheveux, en lui marchant sur le ventre, comme s’il voulait vérifier, par les cris qu’il déclenche, que l’autre est justement bien un enfant et non un jouet.

En maternelle, les heurts entre enfants vont jouer un rôle majeur. L’enfant, qui, le plus souvent sans mauvaise intention, marche sur le château de sable que son voisin est en train de construire ou qui s’empare de ses jouets, s’aperçoit vite que l’autre existe et qu’il ne peut pas le manier à volonté. Il passe par le stade “d’hostilité déclarée” qu’il ne faut pas confondre avec de l’agressivité mais qu’il faut entendre comme un appel à jouer avec l’autre.

Vers trois ans, l’enfant se met au travers des activités de l’autre. Il suffit qu’un enfant ait un jouet (une pelle par exemple) pour qu’un autre le veuille impérativement. En fait, ce n’est pas le jouet qui compte à ses yeux, mais c’est “l’autre en train de jouer à la pelle”. La pelle séparée de l’autre ne l’intéresse pas.

Apparemment négatives et antisociales, ces approches sont les premières ébauches sociales de  l’enfant envers ses compagnons de jeux.

DE QUATRE A SIX ANS

L’enfant fait une nouvelle tentative maladroite pour entrer en relation avec l’autre, il utilise, le plus souvent la “taquinerie” pour le lui dire. Un enfant A joue tranquillement dans la cour, un autre enfant B va venir lui prendre sa casquette et la lancerle plus loin possible ; A va se lever et la ramasser puis revient jouer. B réitère son geste et A, une deuxième fois, va chercher sa casquette. Cela durera tant que A supportera ou qu’il en appellera à sa maîtresse pour que le jeu cesse, mais pendant un temps, B a réussi à forcer A à jouer avec lui. La taquinerie est encore un appel à jouer avec l’autre.

Pendant les années de maternelle, l’enfant va découvrir l’autre, développer sa socialité en apprenant à vivre en groupe, et sa socialisation en intégrant les règles de conduite à avoir les uns envers les autres. C’est aussi une étape d’apprentissage des valeurs : respect de l’autre, respect du matériel, partage des jouets, acceptation de la différence, tolérance les uns visà-vis des autres...

Références bibliographiques : Mucchielli, Vallon

In: Apprenons à vivre ensemble / Maternelle / editions de la Cigale/ Grenoble 2002

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Publié dans Pédagogie

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