Les sens : La vue
Dès sa naissance, nous attendons que Bébé ouvre les yeux, qu’il fasse connaissance avec son nouveau milieu, sa famille et nous livre les premiers secrets de son regard.
A la maternité, les parents ne sont pas isolés, le personnel soignant, la consultation du pédiatre sont autant d’aides compétentes et rassurantes pour constater que tout est normal.
De retour à la maison, à la joie s’ajoute de nouvelles responsabilités, observer et favoriser le développement de l’enfant, en le préservant des accidents et maladies.
Le regard du nourrisson est déjà un élément essentiel de son comportement.
Comment ses yeux s’éveillent
Au cours des premières semaines, les yeux du nouveau-né, en position de veille sont le plus souvent droits, non déviés, les reflets lumineux bien centrés sur les pupilles, mais lors de l’endormissement les yeux ont tendance à s’élever et à s’écarter, ils plafonnent.
Au début ils sont bleus, et ce n’est qu’après plusieurs mois qu’ils atteignent leur pigmentation définitive.
Le regard peut être attiré par de gros objets qui bougent comme un visage s’approchant ou une lumière qui se déplace. Alors les mouvements des yeux sont lents amples et parfois asymétriques avec une déviation souvent en convergence. Le regard est fugace, il ne suit les stimulations que peu de temps.
L’approche rapide d’un objet peut aussi déclencher un réflexe de clignement des paupières; il en est de même de l’éblouissement par forte lumière qui entraîne en plus une diminution de taille des pupilles, des réflexes normaux et de bon pronostic.
Chez le prématuré ces mouvements et réactions sont moins marqués.
Dès le deuxième mois, les yeux suivent mieux les objets, leurs mouvements sont plus rapides, symétriques, et convergent surtout pour la vision de près. Le regard devient plus soutenu, il témoigne de l’intérêt que l’enfant porte aux objets et aux personnes qui l’entourent, il s’accompagne de mimiques, de sourires. Les pupilles s’agrandissent ou se ferment en fonction des émotions.
Vers le troisième mois, il se passe une chose importante, le début de la coordination entre la main et l’œil, le nourrisson essaye de toucher ou de saisir ce qu’il regarde, il commence à distinguer les couleurs.
Lors du deuxième trimestre, l’enfant tourne la tête et élargit ainsi son espace visuel. La fixation du regard est plus précise. Les objets perçus sont convoités, saisis et immédiatement portés à la bouche.
Avec le second semestre, l’appareil visuel poursuit sa maturation au niveau de l’acuité, de la vision des couleurs et de la motilité oculaire. Puis survient l’apprentissage à la station debout et à la marche, l'enfant doit s'adapter à la recherche de l'équilibre car devant lui s’ouvre un nouvel horizon où il devra se déplacer.
Les YEUX de l' ENFANT
Ce que nous pouvons observer concernant les yeux du nourrisson reste en partie valable chez l’enfant. Cependant trois problèmes méritent des précisions, d’abord les troubles de la vue ou troubles de la réfraction, puis le strabisme et les accidents dont on connaît la fréquence dans cette tranche d’âge.
Les troubles de la réfraction de l'enfant
Ce sont la myopie, l'hypermétropie et l'astigmatisme nécessitant en général la prescription de lunettes. Ils deviennent évidents quand les besoins visuels de l'enfant se précisent avec la multiplication des activités, notamment à l'école où ils sont en partie dépistés par les enseignants et les contrôles scolaires.
Ces déficiences de l’œil correspondent à un mauvais réglage optique, à un simple problème de mise au point.
En effet un objet fixé par un oeil normal, donne une image qui se projette sur la rétine, de la même façon qu'un appareil photo bien réglé la reçoit sur la pellicule, l’image peut alors être perçue correctement, si elle est située en avant ou en arrière de ce plan elle n’est pas nette, c'est un trouble de la réfraction.
http://www.cocnet.org/infped3.html
http://www.perinat-lr.org/PUB/12fiches/pdf/aps_vue.pdf
L'éveil de l'oeil
Dès sa naissance, le bébé voit nettement à une distance de 20 à 30 cm, mais il n'a pas encore la possibilité d'accommodation (3).
Il fixe attentivement le visage de sa mère si celui-ci est près de lui et face à lui. Il peut également observer un point lumineux dans la pièce, mais il ne voit qu'une image floue du monde environnant. (4)
Contrairement à l'audition, le bébé peut contrôler dans une certaine mesure ce qu'il a à regarder. Il peut tourner son regard vers une source lumineuse si elle est suffisamment brillante et si elle se déplace lentement. Mais il peut aussi se détourner de la source visuelle et fermer les yeux.
Quand ses yeux sont ouverts, il ne regarde pas n'importe quoi, mais "choisit" certaines cibles qui lui paraissent plus attrayantes. (3) Il est fasciné par les couleurs vives, les lumières, le mouvement. C'est pourquoi le mobile suspendu au plafond attire longtemps son attention. (4)
Le bébé distingue les couleurs. Celle qu'il perçoit le mieux est le rouge orangé puis le bleu vert et le blanc. En revanche, il regarde moins le noir ou le jaune.
Le regard du bébé n'est jamais immobile. Un balayage régulier du champ visuel lui permet de trouver les stimulations nécessaires au développement des ses capacités perceptives.
Si on lui présente une figure complexe, un damier par exemple, le bébé le regarde plus longtemps qu'une figure simple comme un triangle. De même pour les lignes courbes par rapport aux lignes droites.
Le système visuel du nouveau-né se développe très rapidement sous l'effet conjugué de la maturation et de l'exercice et l'on considère qu'à 4 ou 5 mois, la vision du bébé est aussi performante que celle de l'adulte. (3)
Il peut voir des objets à des distances variables et perçoit parfaitement les petits détails. Dès cet âge, ses périodes d'observation seront plus longues et l'enfant pourra découvrir progressivement le monde environnant.
Vers 10 - 11 mois, l'enfant explore la "troisième dimension". Ses manipulations plus fines lui font acquérir le sens de la profondeur, du solide, du contenant et du contenu, du haut et du bas, de l'à côté, du dehors, du dedans, du séparé et du réuni.
A 18 mois, les livres d'images ont sa faveur et bien qu'il les utilise encore maladroitement, il est capable de s'arrêter longuement sur la représentation d'un animal familier.
Il peut le nommer, il lui parle un moment... mais sa faculté d'attention est fragile, rapide, fugace... seul l'instant compte dans toute son intensité. Remarquons que l'enfant de cet âge est très observateur : "Il apprend en regardant 100 fois par jour..." (4)
http://educaumedia.comu.ucl.ac.be/Media/cordon/pictural/pages/visiop.htm
| Vision : s'en préoccuper dès la naissance |
Les techniques actuelles de correction visuelle, lunettes, lentilles de contact, microchirurgie ou laser, apportent une solution à presque tous les défauts de vision. Mais dans bien des cas, le rôle fondamental est joué par la prévention. Elle concerne toutes les tranches d'âge sans oublier les nourrissons. |
C'est seulement vers 5-6 ans que la qualité de la vision chez l'enfant devient comparable à celle de l'adulte. Les affections visuelles peuvent s'aggraver avec l'âge, mais aussi être corrigées et parfois rééduquées si elles sont identifiées suffisamment tôt. C’est bien tout l’intérêt d’un dépistage précoce. Les yeux de nos chères têtes blondes sont à surveiller dès le berceau : le dépistage des anomalies de la vue fait partie des examens obligatoires dès les 4e et 9e mois, et ce n’est pas un hasard !
Le strabisme est sans aucun doute le défaut de développement visuel le plus fréquent. Il touche environ 4 % des enfants, sans discrimination de sexe. S'il peut être normal que le bébé louche par intermittence, une paresse persistante de l'un ou des deux yeux ne doit jamais être banalisée. D'autant qu'une diminution de l'acuité visuelle, ou amblyopie, lui est associée dans la moitié des cas.
« On récupère l'amblyopie en bas âge à 95 %. Après 2 ans, le traitement sera plus long et la récupération d'une vision correcte plus difficile. À partir de 5-6 ans, malheureusement, elle ne se corrige pratiquement plus », souligne le professeur Jean-Luc George, chef du service ophtalmologique au CHU de Nancy-Brabois.
Hérédité
Comment se rendre compte à temps d'éventuels troubles du comportement visuel des tout-petits ? Par une certaine fixité du regard, un manque d'intérêt pour les visages ou les objets qui entourent le nourrisson. Ils peuvent aussi être atteints de myopie, d'hypermétropie ou d'astigmatisme, autant d'anomalies souvent héréditaires.
En deux mots, la myopie c'est le fait d'avoir l'œil trop long. Ses caractéristiques : vision de près très bonne, vision de loin floue. La myopie simple, dite scolaire, débute entre 7 et 14 ans et évolue pendant 4 ou 5 années avant de se stabiliser. La myopie-maladie, quant à elle, débute plus tôt dans l'enfance. Dans les myopies fortes, d'autres complications sont à craindre qui peuvent conduire à la perte irrémédiable de la vision centrale et à la cécité.
L'hypermétropie, c'est le défaut inverse, l'œil est trop court, la vision de loin est bonne contrairement à la vision de près. Seul un effort d'accommodation, qui augmente la puissance de convergence du cristallin, permet au sujet jeune de voir net, au risque d'une fatigue visuelle, de maux de tête, voire du développement d'un strabisme.
Le terme mystérieux d'astigmatisme signifie que l'œil n'a pas des caractéristiques uniformes dans la focalisation des images (action de faire converger les rayons lumineux vers la rétine). Ainsi, les lignes verticales peuvent être vues floues alors que les horizontales sont à l'inverse nettes.
Reste la presbytie qui apparaît vers 45 ans et se traduit par une diminution de l'amplitude d'accommodation lors de la vision de près. Les enfants ont le temps de voir venir…
http://www.essentielsante.net/ebn.ebn?pid=23&site=8&uid=documentsite_212&rub=188
Les techniques actuelles de correction visuelle, lunettes, lentilles de contact, microchirurgie ou laser, apportent une solution à presque tous les défauts de vision. Mais dans bien des cas, le rôle fondamental est joué par la prévention. Elle concerne toutes les tranches d'âge sans oublier les nourrissons.