Le modèle économique des crèches a t il de l'avenir?

Publié le par Khalamity

Augmentation du coût de la vie, inflation, flambée immobilière, course aux salaires, raréfaction des profils diplômés, diminution des subventions... comment ne pas se poser la question?

 

De nombreux rapports l’ont démontré (cf le Rapport Fabre sur les modes de garde en Ile de France), la situation en France est difficile. Les causes en sont multiples : Le grand revirement des années 70’s en faveur de la femme active, la nécessité croissante de faire entrer 2 salaires dans le foyer, l’apparition et l’augmentation du nombre des foyers monoparentaux, mais aussi la mobilité géographique conduisant à l’éclatement des familles, le boom démographique des années 2000...

 

Tout cela mis en face d’une absence d’anticipation de la part des gouvernements successifs (peu de création de structures collectives, inadaptation des formations scolaires à la réalité professionnelle de la petite enfance…) a conduit à cette situation compliquée, dramatique pour certaines familles.

 

Un coût parfois lourd des modes de garde (parfois plus d’un demi salaire),  une absence totale de solutions de garde d’enfant, conduisent nombre d’entre nous à se poser la question de la reprise du travail. De plus en plus de femmes prennent un congés parental à l’issue de leur congés maternité, non par choix réel, mais par impossibilité de retourner travailler. Parfois il faut 18 mois pour obtenir une place en crèche, et plus de 6 mois pour trouver une assistante maternelle. Parfois, lorsque le salaire perçu n’est pas très élevè, il est plus « rentable » de toucher l’allocation parentale d’éducation, plutôt que de verser 800 euros à une assistante maternelle. N’oublions pas que beaucoup de salariés en France touchent le SMIC. Soit un salaire moyen d’environ 900 euros net par mois. Même si le salaire moyen pour une femme est de 1 500 euros, verser 800 euros de frais de nourrice lorsqu’on élève son enfant seule revient à se priver de tout.

 

Heureusement, la Caisse d’Allocations Familiale est là ! Et la solution avancée comme étant la moins coûteuse reste la crèche.

 

Justement la crèche, parlons en. Comment sont financées les structures d’accueil petite enfance ?

 

=> Cas d’une structure d’accueil collective de type crèche ou halte garderie municipale :

 

On considère le coût moyen par berceau de l’ordre de 16.000 euros par an.  

 

# Les CAF financent 33% du montant de fonctionnement et d’investissement 

 

# L’état par le bais des aides publiques finance à hauteur de 34%.

 

# Les collectivités quant à elles  en financent 19%

 

# Les 14% restants incombent aux parents. Dans ces 14%, une grande partie est également supportée par les Caisses d’Allocations Familiales au titre de la PSU (prestation de service unique)

 

=> Cas d’une structure d’accueil collective de type crèche ou halte garderie inter-entreprise :

 

On considère toujours le coût moyen par berceau de l’ordre de 16.000 euros par an.  

 

# Les CAF financent 34% du montant de fonctionnement et d’investissement (PSE : prestation de service entreprise)

 

# L’état par le bais des aides publiques finançait à hauteur de 41%. (DAIPE)

 

# Les Entreprises quant à elles  en financent 12% du montant global.

 

# Les 13% restants incombent aux parents. Dans ces 14%, une grande partie est également supportée par les Caisses d’Allocations Familiales au titre de la PSU (prestation de service unique)

 

=> Cas d’une structure d’accueil collective de type crèche ou halte garderie à gestion associative :

 

Le coût moyen annuel par berceau ne change pas. La part participative des parents non plus. L’ensemble de la structure et financé par des subventions d’état et des aides de la CAF.   

=>   Cas d’une structure d’accueil collective de type crèche ou halte garderie à gestion 100% privée :

 

Le coût moyen annuel par berceau ne change pas.C’est la part participative des parents qui va augmenter considérablement. Puisque dans ce cas, les collectivités ne participent pas au financement, et dans certains cas, la PSU non plus.  C’est ainsi que des crèches se créent, dont le tarif aborde les 75 euros par jour et par enfant.

 

 

Comme nous le constatons, tout le système est basé sur des sources de financements étatiques ou institutionnels. Face à la multiplication des projets champignons (plus de 10 crèches sur la seule ville de Rueil Malmaison 92), le gouvernement a choisi de diminuer le montant des subventions. C’est ainsi que la CNAF par l’intermédiaire des CAF sélectionne les projets subventionnables en fonction de certains critères dits de « priorité ».

 

Ainsi, bien que le gouvernement continue à pousser la création de structures d’accueil petite enfance, il en  délègue la compétence de gestion aux collectivités territoriales (déjà bien assez assommées de charges et de responsabilités en tous genre)

 

La modification des modes de financement des établissements d’accueil pour la petite enfance prévus par le DIPE (dispositif d’investissement Petite Enfance) qui se substitue au DAIPE, fait donc supporter aux collectivités et aux entreprises le surcoût de ces mêmes investissements.

 

Si auparavant, dans le cadre d’une crèche interentreprise, la place coûtait environ 150 à 200 euros par mois (après déduction de la PSE, et du crédit d’impôt famille), elle va dorénavant coûter plus de 300 euros. Difficile dans ces conditions de continuer à maintenir et à proposer ce service aux employés.

 

De la même manière, les communes risquent de voir leur coûts de fonctionnement Petite Enfance considérablement augmenter…  qui va payer de toute façon ?

 

Les prochains projets de création de crèche risquent fort de ne pas être financés. Ceux qui le seront, et les structures déjà existantes risquent quant à eux d’être mis à mal par cette réforme, puisque rappelons le, les contrats enfance sont renouvellés tous les 3 3 ans. Ce qui est donc acquis ne l’est pas définitivement.
Dans ces conditions, comment vouloir continuer à créer des crèches ?

 

Ne serait il pas mieux de rechercher des modes de garde innovants ? de pousser la création de postes d’assistantes maternelles en améliorant le statut et les conditions de travail de ces dernières ? Je pose la question.
La Crèche à la Maison semble une bonne alternative. Toutefois les agréments tardent à venir.

 

 

Quel avenir pour ce système ?

 

 

 

 

 

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Publié dans La vie du site

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