Parents largués, enfants en danger
J'ai trouvé cet article ce matin en naviguant. J'ai trouvé interessant de vous le proposer afin de souligner l'importance de la socialisation dés le plus jeune âge. L'importance d'ouvrir les enfants vers l'exterieur, à d'autres pratiques, d'autres cultures, d'autres caleurs, et ce, dans les milieux les plus sensibles.
Gwénaëlle
Parents largués, enfants en danger…
Plus de 89 000 enfants vivent dans des familles fragiles, isolées… C’est la conclusion du rapport de l’Observatoire national de l’action sociale décentralisée, qui met en avant le risque de maltraitance associé… Car ces conditions de vie menacent directement la qualité de vie et le développement de l’enfant. Mais qui sont ces bambins en danger et ces parents largués ?
Le rapport de l’Observatoire national de l’action sociale décentralisée (ODAS)1 recense les signalements d’enfants en situation précaire.
71 000 enfants à risque
Principal résultat : ce rapport fait état d’une importante augmentation du nombre d’enfants signalés "en danger".
| 2000 | 2001 | 2002 | 2003 | |
| Enfants maltraités | 18 300 | 18 000 | 18 500 | 18 000 |
| Enfants à risque | 65 500 | 67 500 | 67 500 | 71 000 |
| Total | 83 800 | 85 500 | 86 000 | 89 000 |
Source : ODAS 2003
Avec 89 000 signalements, les conseils généraux ont enregistré en 2003 la plus forte hausse depuis plusieurs années. Cependant, précisons tout de suite qu’il ne s’agit pas des cas de maltraitance effective, qui restent stables. Par rapport à 2002, les 3 000 signalements supplémentaires observés en 2003 traduisent une augmentation des familles fragiles, souvent trop isolées pour offrir à leur enfant les conditions d’un développement satisfaisant.
Des parents déboussolés
Selon le rapport de l’ODAS, 71 000 enfants "à risque" évolueraient dans des familles qui peinent à assumer leur rôle. Non maltraités, ces enfants rencontreraient des problèmes de repères, de socialisation, qui peuvent compromettre leurs chances d’intégration. Une situation qui nécessiterait une intervention "multidimensionnelle" capable d’agir sur différentes problématiques : précarité sociale, précarité relationnelle, précarité psycho-affective, précarité scolaire, précarité économique…
Les facteurs de danger les plus massifs restent les mêmes. En premier lieu, les carences éducatives des parents seraient ainsi à l’origine de la mise en danger de 40 000 de ces enfants. Ces difficultés à assumer une fonction parentale (en terme d’éducation et de socialisation) seraient liées selon le rapport à "une forme de précarité relationnelle (isolement social) et d’immaturité (manque de repères) qui touche de plus ne plus de familles".
Mieux aider les enfants… et les familles
Début 2004, le rapport du Conseil pour l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale (CERC)2 estimait qu’en France on comptait un million d’enfants pauvres. Pourtant selon le rapport de l’ODAS, le chômage, la précarité et les difficultés financières ne sont incriminés "que" pour 12 000 enfants, loin derrière les conflits de couple, les problèmes psychopathologiques et la dépendance à des drogues des parents. Néanmoins, le RMI pourrait jouer "un rôle important dans la protection de l’enfance".
On peut cependant s’étonner de cette distinction en catégories si bien définies des facteurs incriminés. Comment peut-on distinguer l’influence de la précarité de celle des problèmes liés à l’habitat, l’apparition de dépression, la descente vers un alcoolisme ou la séparation des couples ? A ce sujet, l’enquête réalisée en 1999 par l’ODAS et le Snatem3 avait montré que l’inactivité des parents (qu’ils soient au foyer, actifs au chômage, retraités, invalides ou sans profession) était l’une des caractéristiques les plus fréquentes des familles d’enfants en danger. Pour mieux protéger l’enfance, il apparaît nécessaire de trouver les moyens d’un meilleur accompagnement de l’enfant mais également de sa famille.
Le bénévolat au secours de la décentralisation ?
La loi du 10 juillet 1989 a confié la majeure partie de la protection de l’enfance aux Conseils Généraux. Pourtant, dans la moitié des signalements des enfants à risque (non maltraités), les signalements sont transmis directement à la justice, sautant ainsi l’étape de la protection administrative. Alors que le rapport y voit une crise de confiance, et se propose d’y remédier par une meilleure coordination avec la Justice et les structures administratives. Rien dans ce rapport, qui ne fasse mention d’un éventuel manque de moyens…