Le coup de gueule des mamans

Publié le par Céline Cabourg


Les mères franciliennes de petits enfants en ont soupé ! Interrogées pour « ParisObs » par l’Institut des Mamans, leur verdict est implacable : l’arrivée d’un bébé, c’est une pure galère, à la hauteur de la liesse. L’intégralité du sondage est consultable sur www.parisobs.com
La difficulté majeure à l’arrivée du bébé ? Gagné : la garde. La course d’obstacles tourne à la Berezina. Cette galère numéro un supplante en effet de très loin toutes les autres, comme le confirme une autre enquête de bébé-annonces.com (1) : le travail, l’argent et même le logement, pourtant un véritable casse-tête en région parisienne. Une exigence donc : la crèche, la vraie, pas la halte-garderie, est plébiscitée par 89,2 % des mères. Sauf qu’en 2004, cette conquête qui libérait des couches et des fourneaux reste une option. Réservée à une minorité. Les deux tiers des foyers continuent d’en faire la demande mais moins de la moitié trouveront une place. Dans des délais interminables qui excèdent souvent six mois… Et pour le tiers restant, une majorité a été découragée de déposer une demande: «Ah, ma pauvre dame, vous n’y pensez pas, c’est complet… pour un an!»

Bilan : les deux tiers des mères franciliennes sont en carafe. On répondra que c’était pire avant. Exact arithmétiquement. Mais tout faux dans la vraie vie. Tout bonnement parce que la demande n’a cessé de se renforcer: les jeunes femmes sont pour la plupart actives, avec un record absolu dans la capitale, la monoparentalité se répand et l’entraide familiale, notamment des grands-parents, est de plus en plus improbable du fait de l’éloignement géographique des membres des familles. Enfin, le baby-boom francilien enregistré depuis l’année 2000 est venu aggraver les tensions, notamment à Paris: dans le 15e, le 18e, le 19e ; le 20e, le 10e, le 12e, le 16e et le 17e!

Qu’on se comprenne bien. Ce n’est pas une maxi décharge maternelle que mendient les mamans. Elles tirent simplement l’alarme sur un casse-tête qui mine le quotidien et pénalise lourdement leur insertion sociale. Lisez bien l’enquête de l’Institut des Mamans : 19% des mamans n’ont trouvé d’autre solution que de passer au temps partiel. Plus inquiétant encore: à Paris intra-muros, près de 8% auraient purement et simplement arrêté de travailler. Logique: comment les foyers qui ne roulent pas sur l’or peuvent faire face, sachant que selon l’enquête de Bébé-annonces.com, 62% des Parisiennes interrogées sur leur site dépenseraient entre nounous, privées ou non, baby-sitters et crèches, 600euros environ par mois ! Soit deux fois plus qu’en province…

Du coup, les mamans sont moyen câlines pour leurs édiles. Elles sont déjà très mitigées quand on leur demande d’apprécier les politiques mises en œuvre, à l’exception notable des Hauts-de-Seine. Mais s’agissant des engagements, tenus ou pas, le jugement est brutal.Pour Paris, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. Dur pour Delanoë, qui a mis le paquet sur le dossier avec un contrat de 4500 places nouvelles pour 2007. Et en a ouvert 1876 à ce jour. Dur pour la Seine-Saint-Denis qui a banalisé le «multi accueil» (l’enfant peut n’être inscrit que 2, 3 jours par semaine, être chez une nounou et venir de temps en temps). Ou le Val-de-Marne qui multiplie les « conseils de crèche» où sont représentés les parents (voir p. 12 le banc d’essai banlieue d’Emmanuelle Walter).

Dur parce qu’on sait que les élus se débattent avec la pénurie des personnels de petite enfance, la rigidité des conventions, le coût budgétaire… mais c’est ainsi. Le plus grave dans ce divorce entre maires et mères, c’est que ces dernières sont plutôt bonnes pâtes. Elles sont prêtes à étudier les alternatives (voir glossaire p. 11) à la crèche, très coûteuse pour la collectivité. La crèche familiale bénéficie d’ailleurs d’une satisfaction record, la garde partagée suscite un intérêt croissant, les crèches parentales séduisent les cadres, celles d’entreprise vont enfin être soutenues (voir p.14)… Des alternatives crédibles, mais qui ont d’autres contraintes. Notamment bureaucratiques. La sous-traitance, d’accord, mais dans la transparence. Les mamans aimeraient être informées sur les critères d’attribution. Orientées. Et, pourquoi pas, soutenues dans le grand maquis des caisses d’allocations familiales et de l’Urssaf. Or sur ce chapitre c’est cata: 69% se plaignent de l’opacité. Et 42% suspectent que le piston continue de sévir. Lisez-nous et pour approfondir, achetez le livre qui sort le 16 septembre, «la Nounou, nos enfants et nous...»(2) Tout plein de fiches techniques et de diagrammes. Maman, c’est plus qu’un métier. C’est une PME.


(1) Enquête nationale sur la garde d’enfants. www.bebe-annonces.com (juillet 2004).
(2) Par Etty Buzyn et Emmanuelle Ray-Favre. Albin Michel.
Sources : ParisObs


 

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Publié dans La vie du site

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N
Je ne peux que réagir à ce sujet. Je me sens concernée du fait que j'habite Paris et de ma profession. <br /> En tant que relaxologue spécialisée enfants et adolescents, outre mes activités sur structures et en cabinet, je suis de plus en plus amenée à intervenir au domicile des personnes pour mettre en place des mini-ateliers d'éveil corporel pour des petits groupes de 18 mois à 6 ans. Simplement du fait d'être limitée dans leur déplacement avec leurs enfants. Elles me disent que c'est le moyen pour elle de souffler un peu ou pour aller faire une course rapide dans le quartier le temps de mon intervention, tout en permettant quand même à l'enfant d'être avec d'autres enfants amis pour s'habituer à la socialisation... <br /> A Paris, nous avons besoin d'espace pour ouvrir des lieux de vie pour la jeunesse, mais aussi de moyens financiers ! Il y a des aides, mais encore faut-il trouver l'espace nécessaire et qui respecte les normes. A Paris c'est souvent pas facile... (idem pour les personnes âgées d'ailleurs...)<br /> J'admire celles et ceux qui se battent pour que cela change.
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D
Oui c'est une vraie "galère", je suis passée à l'âge de Grand-mère, donc mes enfants sont concernés, j'ai servi de nounou à une de mes petites-filles. Il nous arrive d'aller du côté de Montfort l'Amaury, mais comme nos randonnées sont dépendantes des gares, il y a des endroits où nous ne pouvons pas aller faute de gare, mais nous nous promenons souvent dans les Yvelines. Merci pour ton com, gros bisous et bravo pour ton blog. Danet.
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K
hello !! merci pour ton petit com sur mon blog....entre nous ,pour rebondir sur le sujet, j ai contacté deux mois avant d'accoucher de ma deuxième puce des assistantes maternelles et c'était chaud !!! elles etaient toutes prises et la crêche n'en parlons pas 1 crèche pour 18 milles habitants..... enfin !! gros bisous et je croise pour tes projets !!!
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C
Tu m'étonnes, plus qu'une Pme, une vraie multinationale parfois! Nina entre en crèche lundi! mais jusqu'ici, ça me coutait 750 euros par mois, une vraie galère à gérer... à +++
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